Histoire du canon à son anti-intrusion

Histoire du canon à son anti-intrusion

Le canon à son anti-intrusion : un concept encore inconnu en France

Les dispositifs acoustiques de dissuasion appliqués à l’intrusion sont encore largement mal compris.

Ils sont fréquemment assimilés à de simples sirènes surpuissantes, alors que leur logique repose sur des principes acoustiques et perceptifs bien plus complexes.

Pour comprendre ce qu’est réellement ce type de solution, il est nécessaire d’en expliquer l’origine, le fonctionnement réel et surtout les limites à ne pas franchir.

De quoi parle-t-on exactement ?

Un canon à son anti-intrusion repose sur un principe simple : interrompre immédiatement un cambriolage en rendant la poursuite de l’action physiquement et mentalement difficile.

Contrairement aux systèmes d’alarme classiques, l’objectif n’est pas seulement d’émettre un signal fort destiné à alerter le voisinage, mais de créer une saturation cognitive empêchant l’intrus de rester concentré et opérationnel.

Origines : des recherches militaires aux usages civils

Les premières recherches acoustiques

Les premières études sérieuses sur l’utilisation du son comme moyen de contrainte apparaissent durant la Seconde Guerre mondiale.

Dès les années 1940, des travaux sont menés sur des dispositifs capables de provoquer désorientation, stress intense et perte de repères.

À la fin du conflit, une partie de ces recherches est récupérée par les États-Unis dans le cadre de programmes de transfert technologique, notamment lors de l’opération Paperclip. Les travaux se poursuivent alors dans une logique d’armes acoustiques directionnelles.

Applications militaires et tactiques

Ces technologies seront ensuite exploitées dans différents contextes :

  • dispositifs embarqués sur hélicoptères au Vietnam,

  • équipements destinés à perturber ou neutraliser temporairement des tireurs isolés,

  • systèmes à longue portée visant à démoraliser un adversaire sans contact direct.

Le principe est toujours le même : un individu exposé à une pression acoustique ciblée perd sa capacité à agir efficacement.

Passage au maintien de l’ordre

À partir des années 2000, certaines de ces technologies sont adaptées à des usages de maintien de l’ordre.

Des systèmes extrêmement puissants comme le LRAD, dépassant parfois 160 décibels, sont utilisés pour disperser des foules lors de manifestations.

Si l’efficacité technique est réelle, ces usages soulèvent rapidement :

  • des questions médicales,

  • des enjeux juridiques,

  • et des débats éthiques importants.

Un nouveau type de cambrioleur nous force à élever les standards.

Le raisonnement est né d’un constat terrain simple.

Aujourd’hui :

  • un cambriolage dure en moyenne quelques minutes,

  • les forces de l’ordre arrivent généralement après les faits,

  • les alarmes sonores déployées depuis les années 80 n’ont que très peu évolué,

  • la criminalité, elle, est devenue plus rapide et mieux organisée.

Il existait donc un décalage évident entre la menace actuelle et les moyens de dissuasion disponibles.

L’approche développée par Qualiforce a consisté à reprendre le principe acoustique, à le brider, à le rendre compatible avec un usage civil, et à l’adapter spécifiquement à l’intrusion.

Différence entre une sirène classique et un canon à son anti-intrusion.

Sirène traditionnelle

  • Son continu et uniforme

  • Effet de surprise très bref

  • Habituation rapide

Dispositif acoustique évolué

  • Modulation rapide du signal

  • Variations de fréquences constantes

  • Impossibilité pour le cerveau de s’adapter

La différence ne se situe pas dans la seule puissance sonore, mais dans la dynamique du signal.

Le rôle central de la variation de fréquences

Les recherches en acoustique ont démontré que :

  • certaines fréquences ont un impact amplifié sur la perception humaine,

  • la variation empêche la stabilisation sensorielle.

L’approche retenue repose donc sur :

  • plusieurs fréquences émises par seconde,

  • des paliers progressifs,

  • un signal volontairement instable.

L’objectif n’est pas la douleur, mais l’abandon immédiat de l’action.

Limites médicales : un point non négociable

Le seuil de douleur auditive se situe généralement entre 120 et 130 décibels, selon les individus.

Au-delà :

  • les risques auditifs augmentent fortement,

  • l’efficacité supplémentaire devient marginale,

  • les responsabilités juridiques explosent.

Le principe retenu est clair : produire autant de puissance nécessaire, jamais plus que nécessaire.

Cadre légal et responsabilité

En France :

  • aucune législation spécifique ne régit les dispositifs sonores intérieurs,

  • les restrictions concernent essentiellement les nuisances extérieures.

Les normes limitant les sirènes à 115 décibels ne s’appliquent pas directement à ces dispositifs, qui relèvent de la catégorie des barrières acoustiques dissuasives.

Impact réel sur le voisinage

Contrairement aux idées reçues, le son :

  • s’atténue fortement avec la distance,

  • est considérablement réduit par les parois.

À titre d’exemple pour un canon à son Blast :

  • 133 dB à 1 mètre,

  • environ 124 dB à 12 mètres,

  • moins de 100 dB après traversée d’un mur.

L’impact reste donc essentiellement confiné à la zone concernée.

Test – visible dans les médias 

Par la force des choses, la version civile des canons à son proposé par Lucas Prouteau le fondateur Qualiforce commence à être intégré dans des grands groupes comme l'enseigne Easy Cash, la ville de Nice et un magasin pilote APPLE store en nouvelle calédonie.

Ce succès lui a aussi permis de se faire connaitre via des médias grand public par l'intermédiaire des émissions comme enquête exclusive, un jour un doc, 66 minutes dont voici quelques extraits. 

Conclusion – Une technologie prometteuse à manier avec discernement

Les dispositifs acoustiques anti-intrusion ne sont ni des gadgets, ni des solutions miracles.
Ils sont le fruit de décennies de recherches et ne deviennent pertinents que s’ils sont :

  • correctement dimensionnés,

  • techniquement maîtrisés,

  • et utilisés de manière responsable.

Ce n’est pas la surenchère sonore qui fait l’efficacité, mais les fréquences sonores utilisées.

Auteur : Lucas Prouteau, fondateur de Qualiforce, fabricant d'alarme lacrymogène et de canon à son anti-intrusion.