Le canon à son anti-intrusion Blast est-il dangereux pour l’oreille humaine ?

Le canon à son anti-intrusion Blast est-il dangereux pour l’oreille humaine ?

C’est une question légitime.
Dès que l’on parle de sons dépassant les 120, 125 ou 130 décibels, le sujet de l’impact sur l’oreille humaine revient immédiatement.

La réponse est nuancée et doit être abordée factuellement, sans fantasmes ni raccourcis.

Tout son très puissant peut devenir nocif… sous conditions

Il faut poser un principe simple :

Toute exposition sonore très élevée peut devenir nocive
Mais le risque dépend toujours de deux paramètres clés :

  • la distance

  • la durée d’exposition

Un canon à son n’échappe pas à cette réalité physique.
Mais son mode d’utilisation réel change complètement la lecture du risque.

Exposition permanente vs exposition ponctuelle

Une exposition continue et prolongée à :

  • 120 dB

  • 125 dB

  • 130 dB et plus

peut effectivement présenter un risque auditif.

En revanche, un canon à son anti-intrusion n’est pas conçu pour une exposition permanente, ni pour une diffusion prolongée à courte distance.

Comment fonctionne un déclenchement réel d’un canon à son

Prenons le cas d’un canon à son tel que conçu par Qualiforce.

Déclenchement uniquement sur intrusion confirmée

Le système :

  • ne se déclenche pas au hasard

  • intervient après détection réelle

  • peut intégrer une double confirmation

Temporisation de sécurité avec synthèse vocale

Il est possible de configurer :

  • une temporisation de sécurité

  • une annonce vocale préalable

Exemples :

  • déclenchement après 5 secondes

  • 10 secondes

  • 15 secondes

  • 20 secondes

Le message vocal annonce clairement que la zone est protégée et que le déclenchement est imminent.

Objectif : éviter toute exposition inutile et provoquer la fuite avant saturation sonore.

À partir de quand un risque auditif devient réel ?

Pour parler de séquelles durables, il faut cumuler plusieurs facteurs défavorables :

  • être exposé à moins de 5 mètres

  • pendant plus d’une à deux minutes

  • sans aucune protection réflexe

  • sans possibilité de fuite

Or, dans la réalité :

  • le réflexe naturel face à un son intense est de se boucher les oreilles

  • l’exposition est courte

  • la personne quitte immédiatement la zone

Le scénario d’une exposition prolongée, statique et passive est hautement improbable.

Pourquoi se boucher les oreilles ne suffit pas

C’est ici que le canon à son se distingue fondamentalement d’une sirène classique.

Les fréquences utilisées ne se limitent pas à un simple volume sonore élevé.

Effet vibratoire et désorientation

Les fréquences spécifiques et leur alternance provoquent :

  • des vibrations crâniennes

  • une stimulation de la cage thoracique

  • une désorientation spatiale

Même avec les oreilles bouchées :

  • l’intrus ne peut pas agir

  • il ne peut pas manipuler

  • il ne peut pas se coordonner

  • il ne peut pas communiquer avec ses complices

C’est ce que l’on appelle souvent le principe des « menottes invisibles ».

Un dispositif de neutralisation fonctionnelle, pas de blessure

L’objectif d’un canon à son n’est pas de blesser.
Il vise à créer :

  • une incapacité temporaire à agir

  • une désorientation immédiate

  • une fuite réflexe

L’intrus :

  • ne peut pas continuer son action

  • ne peut pas anticiper

  • ne peut pas attendre

  • ne peut pas s’organiser

L’efficacité repose sur la perte de contrôle, pas sur la douleur.

Un risque maîtrisé et proportionné à l’objectif

On ne parle donc pas de “danger” au sens dramatique du terme.
Le terme le plus juste est : contrainte sensorielle intense, ponctuelle et contrôlée

  • durée limitée

  • distance variable

  • déclenchement encadré

  • usage défensif

C’est précisément ce qui rend ce type de dispositif acceptable, efficace et compatible avec un usage réel de sécurité.

En résumé

✔ Oui, une exposition sonore élevée peut être nocive si elle est prolongée et non maîtrisée
✔ Un canon à son fonctionne sur des durées courtes, avec temporisation et avertissement
✔ Les séquelles permanentes nécessitent des conditions extrêmes et irréalistes en situation d’intrusion
✔ Les fréquences utilisées provoquent surtout une désorientation fonctionnelle
✔ L’objectif est l’arrêt immédiat de l’action, pas la blessure

C’est un outil de neutralisation dissuasive, pas un instrument de dommage.

Auteur : Lucas Prouteau, fondateur de Qualiforce, fabricant d'alarme lacrymogène et de canon à son anti-intrusion.